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Photographie du dernier reportage des figures

Centenaire du commandant Michel PUISARNAUD, commandeur de la Légion d'honneur.
Monsieur Michel PUISARNAUD est né le 30 novembre 1919 à BORDEAUX.
Il passe une jeunesse heureuse entouré par une grande famille installée dans le Sud-ouest, les Charentes, la Gironde et les Landes, où en 1929 il vient en vacances à HOSSEGOR, dans la villa qu'il habite actuellement.
Il poursuit des études secondaires à BORDEAUX, dans le même collège qu'Hélie DENOIX de SAINT-MARC, grand-croix de la Légion d'honneur.
Il exécute sa préparation militaire à BAYONNE si bien qu'en 1939, il est mobilisé dans un régiment d'artillerie à TARBES.
C'est dans les rangs du 287ème R.A.A, (Régiment d'artillerie anti-aérienne) qui prend position dans les intervalles des fortifications de la ligne MAGINOT face à la ligne SIEFRIED.
Il subit le déroulement des opérations et son unité fait mouvement vers la frontière Belge et par décrochages successifs il atteint l'Ailette, l'Oise, la forêt de COMPIEGNE et finit par se retrouver sur la Loire.
C'est alors qu'il est fait prisonnier aux environs de GIEN. Retenu dans un camp provisoire de prisonniers à FREUVILLE en GATINAIS, il se déclare agriculteur, ce qui lui permet de s'évader, à pied et après un périple de 500 km il arrive au château de BUSSAC, au bord de la Charente, lieu de repli de sa famille. Alors il passe clandestinement en Zone libre et il rejoint son ancien régiment replié à TOULOUSE. De là il embarque pour l'Afrique du Nord., dans l'armée de l'armistice où il est affecté au 63ème RAA au Maroc, en garnison à FES. Il y est affecté au DLO (Détachement de Liaison d'Observation).
A partir de 1942 à la suite du débarquement des Anglo-américains, il participe à la préparation de la revanche au sein d'une division marocaine, la 2ème DIM. En septembre 1943 dans les rangs de cette division, il participe à la campagne d'Italie en débarquant à NAPLES, avec le corps d'armée du général JUIN.
Puis ce fut la dure campagne de l'hiver 1943-1944 dans les Abruzzes, massif montagneux où d'âpres combats se sont déroulés face à des unités allemandes de montagne, très aguerries. Devant le verrou de CASSINO, qui bloque la progression des unités américaines pendant plus de six mois, avec le concours de l'exceptionnel savoir-faire du général JUIN, ses unités de tirailleurs et tabors, rodés à la dure progression en terrain accidenté, accompagnés de leurs mulets, manoeuvrent à travers les massifs montagneux dans la vallée du GARIGLIANO, le mont MAJO. Ces vaillantes unités opèrent une percée décisive qui ouvre la route de ROME avec la prise de SIENNE et FLORENCE. C'est d'ailleurs au cours de ces combats que vous avez rencontré le colonel du génie BERTHEZEN, qui a mystérieusement disparu dans ce secteur.
En juillet 1944, en vue du débarquement de Provence, ce fut le retrait du corps français.
Le 15 août 1944, les unités françaises, qui constituent la Première Armée, aux ordres de général DELATTRE, en compagnie des troupes américaines, débarquent en Provence. Toujours comme D.L.O, au sein du 63ème R.A.A. Vous vous retrouvez à CAVALAIRE.
C'est la reconquête : prise de TOULON, libération de MARSEILLE, la remontée de la vallée du Rhône, La 2° Division d'infanterie marocaine, couvre cette manoeuvre sur le flanc droit, face à l'Italie, toujours occupée par les armées allemandes. Remontant par la route Napoléon, après des combats à BRIANCON, la libération de LYON, BESANCON puis BELFORT, ce fut la jonction avec les alliés débarqués en Normandie.
Vous exécutez un intermède à ROUFFACH, en Alsace, dans le cadre de la politique de l'amalgame, pour instruire des F.F.I., joint aux unités régulières au fur et à mesure de votre progression. La traversée du Rhin fut un succès aux cotés de la 9ème D.I.C., avec sans doute la participation des sapeurs du 71ème Bataillon du génie,, unité affectée à cette division coloniale reprise de la progression sur le sol allemand en direction du lac de CONSTANCE, DONAUESCHINGEN, la source du Danube et de l'Autriche.
L'armistice signé le 7 mai 1945 à REIMS met fin à cette glorieuse chevauchée et commence l'occupation dans la zone française:KARLSRHUE, la Bavière et VORALBERG.
En 1945, à COETQUDAN vous rentrez à l'école de SAINT- CYR, avec la 7ème promotion, baptisée « INDOCHINE ». Quand vous en sortez en 1947, sans gaîté de coeur, vous choisissez l'arme du GENIE, n'ayant pu réintégrer votre chère Artillerie.
Mais vous aviez, pour autant, la même sainte patronne : Sainte BARBE.
Après une formation à l' E.A.G. (École d'application du génie) à ANGERS, puis à l'École supérieure technique du génie (E.S.T.G.) à VERSAILLES, vous êtes affecté à l'arrondissement des travaux du génie de COMPIEGNE.
En 1952, vous naviguez vers l'Indochine à bord du Pasteur pour débarquer à HAIPHONG au Tonkin et prenez le commandement de la 52ème Compagnie de sapeurs routiers, unité dotée d'un grand nombre de camions-bennes, cantonnée dans un secteur infesté par le Vietminh, à NAM-DINH, avec pour mission d'entretenir les voies de communications, périodiquement sabotées par l'ennemi.
Ensuite dans l'évolution de la politique de formation de l'armée vietnamienne, vous êtes affecté au 3ème BGVN (Bataillon du génie vietnamien) à NOA-BINH, PHUN-HO-QUAN et NIN-BINH, sous les ordres du colonel LEGRAND, comme commandant de compagnie. Cette unité opérationnelle participe aux combats dans le delta. Dans le massif de THAN-HOA au sud d'HANOÏ, vous êtes blessé, au cours d'accrochages concernant la destruction des dépôts clandestins d'armement et de vivres servant aux rebelles. Dans ce secteur vous êtes subordonné au capitaine CABIRO, glorieux combattant de la Légion étrangère, depuis décédé, à MONT-DE-MARSAN.
Après 57 jours de combats acharnés le point d'appui de DIEN-BIEN-PHU tombe le 7 mai 1954.
Vous rentrez en métropole en passant par ORAN.
Une affectation au C.C.I (Centre de commandement interarmes) à ALGER, vous permet de suivre la fin de cette guerre, le putsch des généraux, la fusillade de la rue d'ISLY à ALGER le 26 mars 1961. Au cours de cette période, très mouvementée, vous avez l'occasion de revoir votre grand ami Hélie DENOIX de SAINT-MARC. Le 3 février 1960, vous étiez encore sur le territoire lors du premier essai nucléaire (Gerboise bleue) à REGGAN. Enfin ce fut le 19 mars 1962, cessé le feu, qui pour autant n'a pas signifié la fin des hostilités.
Vous rentrez en France avec un sentiment d'amertume après l'abandon des populations et des compagnons de combat qui ont servis la France : les montagnards du Tonkin, les harkis d'Algérie. Cette guerre dont les blessures ont beaucoup de mal à se cicatriser, où chaque acteur a sa propre version, ces deux guerres, malheureusement souvent incomprises en métropole...
En 1963, vous êtes mis à la retraite pour « incompatibilité d'humeur » après 24 années de bons et loyaux services, soit pratiquement un quart de votre existence.
C'est à COMPIEGNE que vous vous retirez où vous entreprenez une carrière dans l'immobilier comme promoteur après un stage de formation comme chef d'entreprise. Ce fut une réussite au rythme de 400 appartements et maisons individuelles par an, dans le nord-ouest de l'île de France et en Picardie. Activité ponctuée de séjours notamment en Chine et aux États-Unis. Sans pour autant négliger sa passion pour la chasse et en particulier la chasse à courre où il excelle comme cavaler.
Enfin ce fut la retraite à HOSSEGOR dans votre confortable villa de style basco-landais, héritage familial.
Vous vous êtes marié à 30 ans, et vous avez deux filles, quatre petits-enfants et dix arrière-petits-enfants. Quelle vie riche et féconde !
En conclusion, je me permets d'ajouter qu'après 34 années de présidence de ce comité de la Légion d'honneur de la section des Landes, vous êtes le 3ème centenaire a qui je rends hommage...
Le commandant Michel Puisarneau est commandeur de la Légion d'honneur, titulaire de la Croix de guerre 39-45 avec étoiles de bronze, d'argent et vermeil, de la Croix de guerre des T.O.E. avec une palme et une étoile d'argent, de la Croix de la valeur militaire avec une étoile de bronze, de la médaille coloniale, de nombreuses médailles commémoratives et de la Croix de la vaillance vietnamienne avec une étoile de bronze.


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